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Apporter son soutien au passager
Bon nombre d'armateurs hésitent à parler ou à permettre
aux membres de leur équipage de parler à un passager blessé.
Cette tâche peut s'avérer difficile et parfois troublante.
Nombreux sont ceux qui craignent peut-être que ce qu'ils disent
ou font puisse se retourner contre eux par la suite.
Un passager blessé qui souffre ou qui est sous
le choc a besoin d'un soutien. D'après notre expérience,
si on néglige ce passager, il n'hésitera pas à
présenter une demande d'indemnité. Si on le laisse se
débrouiller tout seul, il éprouvera inévitablement
un sentiment de colère et de rancune, tant contre le navire,
que contre ses armateurs et équipages. Il convient de donner
aux membres de votre équipage, une formation non seulement en
soins de secours, mais aussi sur la manière de bien communiquer
avec autrui. Cette tâche particulièrement délicate
nécessite du tact et de la patience.
Il ne faut jamais donner l'impression au passager que
ses lésions sont insignifiantes. Il faut toujours le prendre
au sérieux. Il est important que le capitaine ou tout autre responsable
prenne le temps de rendre visite au blessé pour montrer qu'on
se soucie de son bien-être et s'assurer qu'on prend bien soin
de lui. Un passager blessé ne doit jamais être laissé
seul et il faut désigner des membres d'équipage ayant
une nature compatissante pour s'occuper de lui en permanence pendant
qu'il se trouve à bord.
Avis médical
À la suite d'accidents à bord ayant causé des lésions
aux passagers, nous avons connu des cas où les Membres ont été
critiqués pour avoir négligé d'obtenir un avis
médical professionnel concernant les lésions, qui, aux
yeux de l'équipage paraissaient tout à fait bénignes.
Si un passager est blessé, il convient d'envisager d'obtenir
un avis médical professionnel. Pour les petits exploitants, il
serait peut-être utile d'avoir à bord les numéros
de téléphone des services d'urgence locaux.
Éviter d'aborder la question de responsabilité
Les membres d'équipage chargés de s'occuper de victimes
accidentées doivent savoir qu'il faut, si possible, éviter
d'aborder la question de responsabilité avec ces personnes, leurs
amis ou leurs familles. Ils doivent surtout éviter de faire toute
déclaration qui pourrait laisser supposer que le navire ou son
équipage est en tort d'une façon quelconque. Mais ils
doivent également éviter de donner l'impression au passager
que l'accident relève de sa faute, car personne n'apprécie
qu'on lui dise qu'il a tort. Cette tâche peut parfois s'avérer
difficile, car, même si le navire n'est pas responsable de l'accident,
l'armateur doit tout de même accepter une part de responsabilité
constante concernant le bien-être de ses passagers.
Éviter, si possible, d'aborder
la question de responsabilité avec les passagers, leurs amis
ou leurs familles.
Établir des relations amicales
Les gens attaquent leurs ennemis en justice, mais rarement leurs amis.
Il est donc important que les membres d'équipage chargés
de s'occuper d'un passager blessé essayent d'établir des
relations amicales avec ce dernier. Si un passager a besoin de soins
médicaux une fois à quai, nous recommandons qu'un membre
d'équipage l'accompagne à l'hôpital ou à
la clinique. Il doit s'assurer que tout le nécessaire soit fait
pour rassurer et réconforter le passager, en prévenant,
par exemple, des membres de sa famille. Toutefois, en général,
vous ne devez pas accepter à l'avance de régler les soins
médicaux, sauf si l'accident relève clairement de votre
faute.
L'objet de cet exercice est d'acquérir
une réputation, pour vous et votre société, de
" personnes bienveillantes ", car il est rare que les personnes
bienveillantes fassent l'objet de poursuites judiciaires.
Lorsque le passager quitte l'hôpital ou la clinique,
nous recommandons également que vous envisagiez, le cas échéant,
de le raccompagner à son hôtel, chez lui ou à tout
autre domicile et de vous assurer qu'il est confortablement installé
avant de le quitter. L'objet de cet exercice est d'acquérir une
réputation, pour vous et votre société de "
personnes bienveillantes ", car il est rare que les personnes bienveillantes
fassent l'objet de poursuites judiciaires. Il faudrait encourager le
membre d'équipage ou le porte-parole ayant aidé le passager
à lui téléphoner quelques jours plus tard pour
enquérir de sa santé. L'objectif est une fois de plus
de communiquer l'idée que vous vous souciez du passager et que
vous compatissez avec lui, sans suggérer d'une façon quelconque
que le navire est en tort. Bien souvent, une marque de bienveillance,
sans pour autant admettre aucune responsabilité, peut considérablement
aider à désamorcer la situation. Ne jamais ignorer l'endommagement
de vêtements, de biens ou autre perte financière, car agir
ainsi peut alors inciter le passager à formuler une demande d'indemnité
pour ses lésions corporelles. Souvent, il suffit d'offrir immédiatement
de remplacer le vêtement ou de le faire nettoyer, le cas échéant,
pour arrêter net toute éventuelle demande d'indemnité.
Prendre soin des membres de la famille
Lorsqu'on s'occupe de passagers blessés, il est également
important de ne pas négliger les membres de leurs familles. Dans
de nombreux cas, nous avons constaté que les demandes sont présentées,
non pas par la victime elle-même, qui peut ressentir de l'embarras,
mais par des membres de sa famille, en particulier le conjoint, qui
adopte alors une attitude protectrice. Toute personne en contact avec
la victime, ses amis ou sa famille doit écouter très attentivement
ce qu'ils disent, afin d'essayer de cerner les problèmes éventuels
et d'y remédier avant qu'ils ne s'aggravent.
Il faut toujours essayer d'envisager la situation du point
de vue du passager. Réfléchissez à la manière
dont vous aimeriez être traité si ceci vous arrivait et
traitez, si possible, vos passagers de la même façon. Réfléchissez
également à ce qui vous irriterait et vous mettrait en
colère et essayer d'éviter de provoquer ces sentiments
chez vos passagers.
Il faut toujours essayer d'envisager
la situation du point de vue du passager.
Les frais encourus pour prendre soin des passagers
de cette manière sont minimes par rapport au coût d'un
seul procès. Il ne faut pas oublier que dans le cas d'incidents
mineurs, les frais judiciaires sont très souvent bien plus élevés
que le coût de la demande d'indemnité elle-même.
Prendre
des notes adéquates
Comme nous l'avons fait remarquer, les tribunaux prennent
de plus en plus souvent le parti des personnes qui font valoir qu'elles
ont été victimes de lésions corporelles à
bord d'un navire.
Le livre de bord
Théoriquement, le passager est supposé prouver son
cas, mais en réalité, l'inverse se produit souvent et
l'armateur doit réfuter les allégations du passager.
L'une de nos plus grosses difficultés est la situation
où, longtemps après l'incident, l'armateur reçoit
une convocation au tribunal pour défendre une demande de dommages-intérêts
résultant d'un incident qui s'est produit plusieurs mois auparavant,
pour lequel aucune enquête n'a été menée
et aucune note n'a été consignée. En l'occurrence,
il est souvent difficile de trouver quelqu'un qui se souvienne de l'incident
avec suffisamment de précision pour témoigner et réfuter
les allégations du requérant. Il est donc essentiel de
consigner, même brièvement, les lésions corporelles
subies à bord d'un navire, même si elles s'avèrent
tout à fait insignifiantes et d'inscrire correctement les conditions
météorologiques et l'état de la mer dans le livre
de bord.
Témoins
Dans les cas plus graves, s'il ne fait aucun doute qu'une demande d'indemnité
sera faite, il est nécessaire de procéder à une
enquête et à une documentation minutieuses. Le plus important
pour vous protéger est peut-être de relever les noms et
adresses des témoins de l'accident, tant les passagers que les
membres d'équipage, de manière à pouvoir les contacter
ultérieurement.
Il convient de demander aux membres d'équipage
de prendre et de conserver suffisamment de notes se rapportant aux circonstances
de l'accident. Ils pourraient ainsi se souvenir des faits avec suffisamment
de précision pour être en mesure de faire une déposition
formelle aux avocats de la défense, si ceci s'avérait
éventuellement nécessaire.
État des lieux
Il convient d'examiner attentivement le lieu de l'accident en vue de
vérifier l'état des sols sur les ponts, l'éclairage
et autres aspects. Des photos des lieux devraient, si possible, être
prises immédiatement après l'accident. Nous recommandons
que vous fournissiez un appareil photos pour chaque navire. Les appareils
jetables équipés d'un flash conviennent parfaitement à
ce genre de situation. Si l'incident implique une défaillance
de l'équipement du navire, les pièces doivent être
conservées avec soin pour être examinées plus amplement.
Type de lésions
Il est important de recueillir des renseignements complets sur la personne
blessée et de noter tous les facteurs qui auraient pu jouer un
rôle dans l'accident, notamment un handicap physique, l'ébriété,
des vêtements ou des chaussures inadaptés à la situation.
Le type de lésions corporelles dont a été victime
le passager doit être noté avec autant de précision
que possible, ainsi que tous les soins médicaux ou soins d'urgence
lui ayant été administrés à bord du navire.
Ceux qui apportent leur soutien doivent être identifiés.
Il faut noter le moment où et la manière dont le passager
a quitté le navire, ainsi que le lieu où il se rendait,
par exemple hôtel, domicile, hôpital ou clinique. Il faut
également prendre soigneusement note de tout commentaire fait
par le passager, comme " J'aurais dû être plus prudent
" ou " Je ne regardais pas où j'allais ".
Fiche de déclaration d'accident
La Fiche de déclaration d'accident élaborée par
le Club énonce les informations qu'il est essentiel de consigner.
Un exemplaire de cette fiche figure à l'Annexe 4 et vous pouvez
également la télécharger sur notre site web www.shipownersclub.com. Nous
tenons à souligner que nous n'obligeons pas les Membres à
utiliser cette fiche et toute fiche individualisée est parfaitement
acceptable. La fiche du Club indique toutefois les informations minimales
qu'il convient de recueillir. Nous avons constaté que, bien souvent,
il s'est révélé utile d'encourager un passager
à rédiger le récit des faits ayant mené
à son accident. Cette mesure présente certains avantages,
dont celui de lui permettre d'exprimer rapidement ce qu'il ressent à
une personne plus haut placée dans la structure de la Société
que le personnel du navire.
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